Comme sur une balançoire

26 mai 2015

I can't escape myself...

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Etrange sensation que de revenir ici, dans ce petit refuge que je m'étais fabriqué, pour y poser des mots, des maux...

 

Le temps a passé mais qu'est ce qui a changé en réalité?

 

Je me débats encore et toujours avec les mêmes démons. Si certaines choses ont évolué, je n'ai pas l'impression d'avoir réellement changé. Je ne sais toujours pas qui je suis vraiment, qui devrais-je être? Qui aurais-je voulu devenir?

 

Plus que jamais, je me sens comme sur cette petite balançoire. J'essaye de toutes mes forces de m'envoler, de toucher un peu de ciel. Mais l'élan me manque...

 

Où que j'aille, quoi que je fasse, je ne peux échapper à mon ombre, à mes démons, à mes fantômes...

 

 

I can't escape myself...

 

 

 

Posté par lulusita à 09:56 - Commentaires [1]

26 novembre 2012

This mess we're in

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 photo : Ralph Gibson

 

Jamais il ne m'a été plus difficile de trouver des mots. Jamais je n'ai eu autant envie de garder le silence. De devenir muette. De fermer les yeux et de rester immobile, jusqu'à avoir la sensation de devenir invisible.

Je voudrais me soustraire à toute cette agitation. Laisser la vie avancer, sans moi pour une fois.

Et pourtant. Je dois être là. Je dois agir, je dois choisir. Il est des choix qui attachent, qui lient, qui engagent. Il est des choix qui blessent, qui détruisent, qui séparent.

Il est des choix qui ne reviennent qu'à moi.

Chaque jour, je regarde les enfants et je me dis "je ne peux pas". Chaque jour, devant le miroir, je pense "fuis", je pense "sauve ta vie".

La culpabilité me ronge. La haine aussi.

Je regarde mon tout petit jouer, je l'écoute fredonner des chansons qu'il invente. Je le vois si différent de son grand frère au même âge. Et je me dis "comment ai-je pu passer à côté de tant de signes évidents?". Quelle mère ai-je donc été, quelle mère suis-je? Martin me regarde, me sourit, et j'en veux alors si fort à celle qui a prononcé les mots "Syndrome d'Asperger". J'en veux surtout à mort à celle que j'ai été, aveugle, sourde, confiante, crédule.

La vie me semble être pareille à ce bouquet de fleurs qu'il m'a offert, dérisoire, inutile, cruelle. Belle oui, mais tellement cruelle.

Ce qui nous a un  moment rapprochés est en train de nous séparer. Lentement mais sûrement. Un fossé est déjà là, grand, profond. Nous entendons des mots "couple parental", "couple conjugal", difficultés, solitude, consessions, séparation. Quelle direction prendre quand tout le monde est perdu? Comment se retrouver quand on se tourne le dos?

Nous nous sommes aimés pourtant. Alors comment en sommes nous arrivés là? La douleur isole t-elle, sépare t-elle à ce point? Ou bien avons nous changé au point de ne plus nous reconnaître?

Ce maëlstrom dans lequel nous sommes pris aura-t-il notre peau, aura-t-il notre vie?

Ne serons nous désormais que douleur?

Je n'en peux plus de ce froid glaçant. Je n'en peux plus de toute cette pluie qui pénètre mes vêtements, applatit mes cheveux, coule sur mes joues. Pourrais-je à nouveau apprécier la chaleur? Ai-je irrémédiablement changé? Qui suis-je? Qui serai-je quand la pluie aura cessé? Aurai-je la force pour continuer?

Ou bien ce maelstrom m'emportera-t-il si loin de moi-même que je ne me retrouverai plus?

Et toi, où est tu? Qui est tu? Je ne te reconnais plus. Peut être suis-je trop loin désormais. Peut être le maëlstrom m'a-t-il déjà emportée?

Ma main te lâche, la tienne ne me retiens pas...

 

 

Posté par lulusita à 16:03 - Commentaires [8]
20 août 2012

Sketch for Summer

Il y a eu de la pluie, mais aussi beaucoup de soleil. Du rire, des larmes, du découragement et aussi une énergie incroyable.

Il y a eu le brevet des collèges décroché avec succès et soulagement, des évaluations nationales réussies haut la main, des réunions très positives et pleines d'espoir.

Il y a eu des jours éreintants où l'énervement a fait claquer portes et voix, où la peine a fait jaillir des larmes mais il y a eu aussi des nuits douces où les pensées les plus profondes se sont dévoilées à la faveur de la lueur d'une toute petite bougie.

 

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Il y a eu des boutons sur un visage d'ange, des écorchures sur les genoux, et des coupes de cheveux surprise! Il y a un petit garçon de 8 ans qui grandit et qui est d'une douceur incomparable, il y a un petit bébé de presque deux ans qui grandit lui aussi, sans que je puisse, hélàs, l'en empêcher ! Il y a une toute petite fille, devenue une magnifique future lycéenne. Il y a des frères et soeur complices, qui s'aiment tellement fort.

 

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Il y a eu des angoisses nocturnes et beaucoup d'insomnies, mais aussi un intérêt nouveau, comme obsessionnel, pour soigner fleurs et plantes et les voir s'épanouir grâce à des mains jusque là inutiles.

 

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Il y a un couple, dans la tourmente, dans le doute, dans le questionnement. Mais il y a aussi une famille, unie malgré tout pour avancer, serrés, les uns contre les autres.

Et il y a une femme, un individu, un être. Un corps aussi, qui change, qui devient étranger. Un esprit, qui semble parfois partir loin, ne plus être là. Il y a de nouveau cette sensation étrange d'être deux, une dans la tête, et celle dans le miroir, que l'on ne reconnaît plus, que l'on essaye d'apprivoiser, mais dont on a peur, au fond, sans oser le dire. Il y a dans ce miroir, tous les possibles.

Enfin, il y a l'été et surtout, il y a la VIE.

 

 

Posté par lulusita à 08:18 - - Commentaires [9]
11 juin 2012

Trouble

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Des jours et des jours de silence, ici, et ailleurs.

Des jours et des jours traversés comme dans un flottement, poussée par le vent, parce qu'il le faut.

Je perds la notion du temps. Des jours ou des mois? Je ne m'en souviens plus.

Une absence comme un repli. Un silence comme une prière.

Faites que ce ne soit rien. Faites que ce ne soit pas vrai.

Et puis un diagnostic qui tombe. Et trois petits mots qui changent tout. Trois petits mots de rien du tout pour une vie qui ne sera plus tout à fait pareille. Trois petit mots qui n'en finissent plus de tourner dans ma tête. Trois petits mots que j'arrive enfin à dire à haute voix, depuis... ce matin...

                    Trouble

                           Envahissant

                                      du Développement

 

Il s'appelle Martin, et il vient d'avoir 8 ans. C'est mon ange, mon adoré, ma lumière. Un enfant à haut potentiel intellectuel comme ils disent. Mais un enfant différent.Un enfant souffrant de ce que les psys appellent un TED non spécifié.

Ni autisme, ni hyperactivité, ni psychose, ni déficience de l'attention...

"Rassurez-vous Madame"

Altération du développement des interactions sociales et des habiletés de communication...

Je décroche, mon esprit est en ébullition. Le sang semble cogner rageusement contre mes tempes.

MON ENFANT EST DIFFERENT. MON TOUT PETIT EST DIFFERENT.

MON BEBE MON BEBE MON BEBE

MON BEBE

EST

DIFFERENT

J'ai le vertige, ma tête tourne.

J'entends loin, très loin, "ces enfants là", "certains sont pires", "angoisse", "solitude", "souffrance", "long travail", "grandes difficultés"...

Tout prend soudain un sens. Tout, depuis la crèche. Son isolement, son refus de dessiner, de mélanger les couleurs, les rituels avant de sortir de la maison, son ennui à l’école, son hypersensibilité, l’impossibilité de mettre des mots sur ses émotions, son intérêt pour des sujets très compliqués et plus particulièrement les "sciences exactes", et aussi son évasion permanente dans son monde…

"Tu sais, moi j’ai des millions de choses dans ma tête"

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Un parcours administratif de longue haleine commence. Contacter la MDPH. Une souffrance personnelle. Après des jours de refus obstiné, je me rends à l’évidence et décide de rédiger moi-même la demande d'auxiliaire de vie scolaire. Aller au-delà, aller au-delà. Mais je freine, je rejette de toutes mes forces ce H. Le Handicap.

Pas lui, pas lui, pas lui. PAS LUI!!!!!!!!

Mais je sais que mon petit en a besoin. Et comme s'Il existait, une réponse. Très rapide. Et positive. Et comme s'Il avait décidé de m'apaiser un peu, comme s'Il avait décidé d'aider un peu mon petit, un très gentil garçon, déjà en poste à l'école, a tout de suite pris en charge Martin.

Je ne suis pas encore sereine. J'ai toujours autant envie de hurler. Mais à qui en vouloir? Qui blâmer? Où frapper?

"Ce n'est pas votre faute". "Vous n'y êtes pour rien".

Mais je l'ai porté, nourri, câliné.

Forcément j'ai failli quelque part. C'est obligé. Je ne cesse de chercher des réponses. Auprès des médecins, des livres, d'internet. Mais leurs réponses ne comblent pas ce trou béant, là dans ma poitrine. J'en oublie tout et tout le monde.

Un jour, un électrochoc. Je disais à la psy que les difficultés de Martin se traduisent en partie par une impossibilité à dessiner de sa propre initiative. Louis prend alors une feuille, des feutres, et trace quelques traits multicolores.

A sa manière, Louis cherche à me rassurer dit-elle. J’ai éclaté en sanglots en tenant son dessin. Il l’a alors posé à côté de lui, puis a posé sa toute petite, minuscule main sur mon genou. J’ai souri et son visage s’est éclairé.

Je dois veiller à le préserver, lui et sa sœur aussi, qui malgré ses 14 ans, a toujours besoin de sa maman.

Comme l’équilibre est difficile à trouver ! Encore plus à préserver. Je marche sur ce fil tendu et je suis tombée tellement de fois déjà ! Je ne me sens plus le droit à l’erreur.

Martin mobilise toute mon énergie, mon temps, mes pensées.

Les choses se mettent en place tout doucement, pour lui, pour nous. La route sera très longue, nous le savons. Et je ne sais pas encore si j’y arriverai.

Mais je refuse que mon enfant souffre, je veux lui offrir une belle vie, pleine de rêves et de possibles.

Une vie où il aura toute la place pour exister tel qu’il est,

tout simplement

MERVEILLEUX

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Une chanson un peu triste, que j'écoutais en boucle ado, écrite par Cat Stevens.

J'ai eu envie de réécouter ce disque, malheureusement prise de guerre de mon ex...

Cette version chantée par Kristin Hersh me touche, c'est la voix d'une femme,

certainement maman elle aussi...

Posté par lulusita à 01:58 - Commentaires [18]
05 avril 2012

Veinte años

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Si la cosas que uno quiere
se pudieran alcanzar
Tu me quisieras lo mismo
Que veinte años atras

 

J'ai parfois l'impression que ces photos de nous datent d'il y a vingt ans, d'il y a une éternité. Je ne reconnais plus ces visages.Depuis combien d etemps n'ai-je pas souri de la sorte? Quand avons nous cessé de nous blottir dans les bras l'un de l'autre?

 

30 avril 2000. Après un concert de salsa, ma cousine, ma soeur et moi discutions avec les musiciens cubains, nous buvions un peu de rhum, ils jouaient de la guitare en chantant "Chan Chan" rien que pour nous. Enfin, surtout pour elles deux. Moi je regardais Antoine Chao démonter son matériel, ranger ses disques. Il avait fait le DJ pour l'after. Il y avait de la musique, mais je ne me souviens plus de ce que c'était. Un drôle de garçon dansait d'une bien drôle de manière, avec un autre énergumène que je connaissais bien.

Le drôle de garçon est venu vers nous. Il parlait espagnol, ça m'a plu ça je m'en souviens. Des rires, quelques regards, un sourire qui reste accroché un peu trop longtemps pour être discret. La soirée terminée, chacun est rentré chez soi. Je ne connaissais ni son nom ni son numéro de téléphone. Quelques semaines et un heureux hasard plus tard, nous nous sommes revus. Puis reperdus de vue.

17 juin 2000. Une fête, de la musique et du rhum (encore). Le drôle de garçon est là (encore). "Tiens, voilà la plus belle" dit-il, je regarde derrière moi mais ma soeur n'est pas là, et c'est toujours elle la plus belle. Mais ce soir là, pour la première fois, c'est moi. Et ça m'a fait rire.

18 juin 2000. Un heure du matin, ou deux heures peut être. Un baiser échangé dans l'obscurité, le coeur qui bat plus vite, sa main dans mes cheveux... C'est donc ça les papillons dans le ventre...

30 avril 2004. 17h15. 53 centimètres. 3 kilos 390 grammes. Quatre ans jour pour jour, après notre toute première rencontre, le drôle de garçon et moi sommes devenus les parents d'un magnifique petit garçon.

Les années passent. La vie de famille recomposée n'est pas si rose. Chacun garde pour soi ses déceptions, ses ressentiments peut être. La distance quotidienne s'installe.

4 avril 2012. Qui est-tu, toi l'homme fatigué, l'homme silencieux, l'homme distant? Où est le drôle de garçon qui me trouvait si belle et me faisait tellement rire?

Qui est-tu, toi la femme épuisée, la femme exigeante, la femme solitaire? Où est la jeune femme qui aimait tant danser et mettre du rouge à lèvres?

Quand nos disputes ont-elles remplacé nos fous rires? Commment le silence a t-il englouti nos je t'aime? Où est passée toute notre légèreté?

Il me semble pourtant qu'hier encore nous parcourions la ville sur ton vélo, chantant "mani, mani mani", riant à gorges déployées, et des gens dans une voiture nous avaient lancé "c'est beau l'amour"!

Oui c'est beau l'amour. Et le notre aussi l'était. Je m'en souviens. Comme si c'était hier.

Je te regarde t'occuper de notre grand garçon, celui qui a fait du drôle de garçon et de "la plus belle", des parents. Aujourd'hui un autre petit garçon est venu agrandir la famille. Nous avons un appartement, une voiture, une grande télé. Tu payes les factures, je lave le linge, tu fais les courses, et moi la cuisine. Je râle quand tu ne ranges pas tes vêtements, tu râles parce que j'ai trop de chaussures. Y'à quoi à la télé ce soir? On mange à quelle heure? Je suis fatiguée bonne nuit. Je suis fatigué, à demain.

Les années passant et le quotidien ont-ils tout dévoré, nous rendant invisibles l'un pour l'autre? Ou bien l'amour est-il ailleurs? Mieux caché, plus subtil, attendant juste qu'on vienne le réveiller?

Ce matin, un rapide coup d'oeil dans le miroir, comme ça en passant, comme tous les matins. Je rebrousse chemin, je m'observe, quelques rides aux coins de mes yeux, quelques cheveux blancs. J'ouvre une petite boite, et je dépose un peu de mon rouge préféré sur mes lèvres.

Ce matin, tu m'as regardée, droit dans les yeux. "Tu es magnifique". Et ça m'a fait sourire.

 

 

Posté par lulusita à 01:11 - - Commentaires [13]
26 mars 2012

Sunny Sunny Cold Cold day

 

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Le soleil revient, doucement il s’installe. C’est le printemps, et le mimosa de Maxime est mort. Quel dommage de laisser se flétrir tant de beauté. Tout change.

Pour la première fois depuis tellement longtemps, j’ai accepté de sortir avec une copine, d’aller dans un lieu où il y avait beaucoup de monde. Je me sentais un peu étrangère même si beaucoup de visages m’étaient familiers. J’ai changé, je crois. Ce n’est pas forcément un mal mais d’où vient cette distance ?

Tout ce soleil, et ce grand froid en même temps. Je n’étais pas préparée.

Salut ça va ? Ca fait un bail ! Les regards gentils mais interrogateurs, les mines surprises de me revoir, changée, physiquement changée, mais pas que. Le silence poli. LE sujet évité. Oui, j'ai su que tu n'avais pas été très bien... Ah mais tu as eu un bébé ! Mais oui, on me l’avait dit, c’est une petite fille non ? Non ?

Allez peu importe. J’entre sous le chapiteau et dès les premiers accords de guitare, je suis sous le charme. Pourtant, c’est doux, assez loin de ce que j’écoutais, avant, avant quoi déjà ? Mais cette musique me colle à la peau et elle me transporte. Je sens les vibrations sur le plancher. La voix du chanteur me donne des frissons.

J’étais où pendant tout ce temps ? Que puis-je répondre? J’étais juste là. J’étais là et pas là en même temps. Moi inerte, et la vie qui s’écoulait. Qui sont ces gens ? Ont-ils changé eux aussi ? Non, simplement « the D word » est tabou. Tout doit être lisse. Ensoleillé, mais glacial.

Oui j’ai changé. Mon corps et ma tête sont différents, c'est vrai. Et Oui! j'ai fait une dépression. Cette "chose" dont il ne faut pas prononcer le nom.

Mais je suis là, encore et toujours là. Vivante, je suis vivante. Différente. Mais vivante.


Malgre ce "sunny cold day", je suis heureuse d'avoir franchi un pas supplémentaire. J'ai adoré ce groupe Herman Dune. J'étais passée à côté, c'est vrai, mais l'essentiel, c'est de laisser la couche de glace fondre et d'aller là où le soleil chauffe vraiment, et pour ça, il  n'est jamais trop tard non?


Posté par lulusita à 11:16 - - Commentaires [8]
09 mars 2012

Lazy Calm

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Se lever, s'occuper de chaque petite tâche quotidienne sans même y penser. Agir par habitude, par mécanisme, parce qu'il le faut bien.

Traverser chaque journée sans prendre une seconde pour penser. Faire pour les autres. Lui, les enfants, eux. S'oublier, un peu, beaucoup...

Et puis, tout à coup, après un énième aller retour entre les activités des uns et les courses pour tous, s'arrêter.

S'arrêter dans un endroit où on ne sait même plus comment on y est arrivée. Contempler la mer. Foncer vers la mer pour obéir à cette urgence, foncer pour la respirer, la toucher.

S'extraire du tourbillon pour juste quelques minutes.

Malgré le froid, marcher pieds nus sur les galets, sentir leur douceur et penser à l'été. Toucher du bout du pied cette mer glaciale mais accueillante, sereine. L'écouter, juste un peu, et laisser sa mélodie vous envahir.

Respirer à fond, emplir les poumons de l'air marin vivifiant, regarder le ciel et trouver magnifiques toutes ces nuances de gris lumineux.

Verser quelques larmes et ne pas tenter de les retenir.

Souffler un grand coup, fermer les yeux et se dire "Allez".

Continuer sa route, en gardant à l'esprit un peu de ce calme paresseux. Reprendre le cours des choses, mais en se sentant vivante, avec le coeur qui bat.

 

 

J'aime ce groupe, que j'ai beaucoup écouté dans mon adolescence solitaire et mélancolique. Ce titre épouse parfaitement mon sentiment d'aujourd'hui, il évoque pour moi une sorte de flottement.

 

 

Posté par lulusita à 13:59 - - Commentaires [6]
13 février 2012

Hasta que el cuerpo aguante

 

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Je te connais par cœur. Chaque recoin, chaque millimètre de toi m’est familier. Je t’ai haï, tu le sais. Et tu me l’as bien rendu. Cela fait des années que je t’ignore, je ne te vois même plus. Parfois pourtant, quand par hasard je croise ton regard, je suis envahie par une profonde tristesse. Que de temps perdu n’est ce pas ? Quel vain combat.

Mais aujourd’hui c’est fini, tu dois partir. Tu dois me quitter, et c’est moi qui te mets dehors. Laisse-moi vivre, laisse-moi respirer. Meurs.

Meurs et je vivrai.

J’ai toujours cru vouloir redevenir celle que j’étais. Celle d'avant. Avant toi.

Ce n’est plus vrai désormais. Je veux continuer d’être celle que je suis devenue, à force de coups et de douleur oui, mais surtout à force de joies et de rires aussi.

J’en ai fini de soupirer et de me languir du passé. Je veux embrasser le présent. Et il n’y a plus de place pour toi.

Il est temps que je me réconcilie avec moi-même, que mon corps et mon esprit ne fassent plus qu’un, que je laisse de la place à la lumière. Je ne veux plus repousser les limites, continuer "tant que le corps tiendra". Je veux faire "du bien à mon corps, pour que mon âme ait envie d'y rester".

 

J'aime cette chanson de Dominique A. "Tant que le corps tiendra". Elle reflète ce que j'ai fait trop longtemps, m'étourdir, aller plus loin, ne pas penser, fermer les yeux et advienne que pourra.

Mon corps a failli ne pas tenir. Ma tête a failli partir. Jusqu'au déclic.


 Si la musique automatique est trop envahissante, n'hésitez pas à me le dire!

Posté par lulusita à 16:19 - - Commentaires [6]
10 février 2012

Comme sur une balançoire

Elle avait raison, commencer quelque chose de nouveau, trouver un ailleurs où mes zones d'ombre ne prendraient pas toute la place.

Comme sur une balançoire, encore aujourd'hui j'aime cette sensation du balancement, doux, frais, grisant, hypnotique. Comme sur une balançoire, fragile et puissante à la fois.

Comme sur une balançoire, "le temps n'existe pas".

 

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